vendredi 31 octobre 2008

La société du spectacle de l'information

Plus pernicieux que la censure et fidèle compagnon de l'auto-censure : L'achalandage de l'information.

En toute circonstance, ne pas tant s'interroger sur ce que les médias nous cachent que sur ce qu'ils s'acharnent à nous montrer.

Coincé à domicile pour cause de nurserie, je me perds dans l'inutilité UMP-HD du PAF (paysage abrutissant français) avec son accompagnement de texte gouvernemental permanent (Jego-Wauquiez-Lefebvre aux trois huit sur les plateaux pour réaffirmer qui c'est le plus beau et qui c'est la plus conne), avec ses polémiques stériles (poupées vaudou, conseils de DSK pour dégrafer virilement les Wonder-bra et autres comptes présidentiels prétendument "visités") le tout entre deux spots publicitaires pour Renault (le premier constructeur français de chômage technique) destinés à occuper du temps de cerveau, d'information et d'analyse que l'on aurait pu, par exemple, consacrer à cette casse massive d'effectifs qui passe comme une lettre à, feu, la poste.

Nostalgie grande bretonne. Je me rabats donc sur la chaine anglaise Sky News dont je n'aurai jamais cru dire un jour qu'au même titre qu'Al-Jazeera international, elle constituerait une relative bulle d'air audiovisuelle au-dessus de l'océan conformiste des émissions françaises en plateau qui n'ont même plus besoin d'apposer des rires en boite là où leurs chroniqueurs crétinisés ont quotidiennement des pelletées de quidams en chair et en os pour applaudir à leur moindre pet.

Que titre donc Sky News, première chaine britannique de breaking news, en pleine crise économique mondiale, à six jours de l'élection présidentielle de la plus grande puissance (pas pour longtemps) du monde ? Grand scandale, grande indignation, grosse affaire : Deux figures emblématiques "tendance caustique" de la radio et de la télé anglaise, Russell Brand (mix d'Edouard Baer et Johnny Rotten) et Jonathan Ross (l’Ardisson local) sont congédiés par leur employeur, la BBC (média public) au terme d’une polémique montée en mayonnaise par la chaine elle-même.

Voici le portrait robot des coupables :

(no comment.)

18 jours après leur farce téléphonique d’ados attardés (un appel anonyme et salasse auprès d'une veille star anglaise consensuelle de type Foucault/Drucker) faite sur les ondes de la radio BBC 2, les larrons qui faisaient tant rire la nation sont médiatiquement conspués sur la base de 10.000 plaintes d'auditeurs déposées (dont on peut se demander d’où elles sortent vu que l’émission passait à un horaire tardif et qu’elle n’a entrainé aucune protestation dans les jours qui suivirent, restant même disponible sur le site de la BBC près d'une semaine), Russell et Jonathan deviennent ainsi les proies d'un pays, de leurs propres employeurs et du premier ministre anglais Gordon Brown qui, depuis le pavillon de la lanterne à Versailles (accompagné de son ami Sauveur Sarkozy) et après avoir brièvement évoqué les 20 milliards supplémentaires qui seront versés de nos poches européennes pour "soutenir un certain nombre d'état" (comprendre les banques), s'insurge que l'on gaspille de l'argent public pour de tels outrages, exige qu'une enquête soit ouverte et que des têtes tombent.

Entre deux annonces de la remontée du chômage en Angleterre, d'une précarisation sévère du marché de l'emploi (même les traders tirent la tronche) à base de coups de pieds au cul, d'un effondrement du marché immobilier sans précédent (la frénésie d'achat ayant été envenimée depuis 10 ans par des médias lobbyistes du bâtiment à faire passer Stéphane Plaza pour un éducateur social), sont désormais étalés dans la presse tabloïd et les journaux télévisés les salaires de Brand et Ross. Salaires indécents mais dans la moyenne leurs homologues d’avant et de ceux plus "politiquement corrects" qui sont encore dans la place.

Loin de moi l’idée de défendre ces représentants anglais de "la nouvelle aristocratie" médiatique (dont une description est faite dans ce merveilleux livre que l’on appelle "Perverse Road" et qui a désormais tout d'un classique) mais tout de même, je ne peux m’empêcher de penser qu'il s'agit ici d'un parfait exemple de sacrifice, à haute valeur symbolique ajoutée (ils touchaient chacun un million d'euros par mois), favorisé par l'élite pour dégorger un peu de la rage populaire et faire passer la pilule sociale du "sauvetage des banques".

En France, dans un registre similaire mais moins rock n'roll, les médias ne prennent même plus de gants pour tirer (à base de brèves en boulets de canon) sur le nouveau "trader fou" de La Caisse d’épargne mis en examen pour avoir "perdu" 700 millions d’euros en pleine chute des marchés.

Par définition, un trader joue, il "trade". Au casino comme au marché, il faut que certains perdent pour que d'autres gagnent. Le trader ne fait pas exception, il gagne ou il perd, c'est juste une question de timing, de nerfs et surtout de chance. Pas de martingale. Quand le trader gagne, son patron affiche des dividendes juteux à l’assemblée des actionnaires, quand le trader perd, surtout en période de serrage de vis, son patron le dénonce et l'employé devient justiciable, direction la case prison. Dans les deux cas, il a scrupuleusement appliqué les règles d'un métier auxquelles, ni son patron à parachute doré, ni les bonnes consciences médiatiques à salaires épais, ni leurs gentils téléspectateurs apeurés ne comprennent grand chose.

Loin de moi également l’idée de défendre les traders, disciples cafeinés et robotisés de l’idéologie du toujours plus guidant l'humain dans le mur, mais comment ne pas voir dans ce lynchage comme dans celui de Kerviel, les boucs-émissaires qu'ils incarnent et qui permettent à d'autres de garder les mains propres ?

Le système néolibéral franchit donc de nouvelles étapes : Avec l'aide de ses médias affiliés, il n'hésite plus à livrer certains de ses disciples (stars TV, traders zélés, capitaines d’industrie célébrés décrétés bandits amoraux) à la vindicte populaire pour apaiser les rancœurs de celle-ci.

Signes de fébrilité d’un système ou processus standard de décompression en période de crise ?

L’avenir proche nous le dira.

mercredi 29 octobre 2008

Le jour du saigneur

Comme notre président nous a refait le sketch éculé de la «vendeuse du bon côté des Champs-Elysées » dans son soporifique discours des Ardennes (pour la relance de l’emploi) supposé étayer le bien fondé de sa volonté de faire travailler les plus pauvres le Dimanche, faisons le point sur le sujet :

Le travail le dimanche a beaucoup d’avantages (pour le gouvernement) :

- A la différence des Etats-Unis (où les magasins sont ouverts le dimanche depuis des dizaines d’années), La France épargne, beaucoup, trop au gout du marché. Cette épargne est intolérable pour notre gouvernement : Il lui faut mettre la main dessus. Le travail le dimanche est là pour ça. Dans une société où le pouvoir d’achat rapetisse à vue d'œil, avec son offre exceptionnelle d'une journée supplémentaire pour dépenser c'est, pour les plus fauchés, l’aubaine d’un endettement supplémentaire qui, à une carte près, les conduira directement au surendettement.

- Le travail le dimanche occupera les travailleurs les plus précaires. Cette solution à l’avantage de plaire à ceux qui ne travaillent pas (ou plus) et qui se déclarent favorables à ce que les autres, ceux qui travaillent, travaillent vraiment tout le temps. Je ne donne pas de nom, je ne cite pas d’âge : on va encore me tomber dessus.

- Le travail le dimanche comblera, comme à son habitude, l’ennui existentiel de l’occident, fatigué par la réduction de ses désirs à l’acte d’achat mais qui combat cette déprime, avec le seul pouvoir à sa disposition : En achetant encore plus. Du point de vue d’une élite qui n’a pas plus d’imagination que ceux qu’elle contraint : Pourquoi ne pas appliquer une recette qui gagne tous les autres jours de la semaine ?

- Face à la menace permanente de la crise (bien plus terrible qu’un Ben Laden ou un Dieudonné), sous le joug du terrorisme de la croissance coûte que coûte (puisque apparemment notre économie ne tolère même pas le ralentissement, alors la baisse pensez-vous…) voici le travail étendu au dernier sanctuaire de liberté sociale et intime : Le dimanche. Prochain stade : La mise en place dans un terminal de carte bleue dans vos rêves (on y arrivera probablement avant que l'homme ne retourne sur la lune).

On le voit donc, à l’inverse des discours pseudos progressistes du gouvernement qui, à base de sondages orientés, tentent de vous persuader que vous y trouverez "liberté", "épanouissement" et "pouvoir d’achat", le travail le dimanche n’arrangera rien à vos bidons. Il s'agit de court-circuiter l’ennui et une potentialité d’insurrection d'un peuple en mettant la main sur son épargne. Cette "modernisation" surfant sur un asservissement supplémentaire, favorisera pauvreté et frustration.

A la fin de cette journée culturelle en centre commercial avec la petite famille, parions que beaucoup auront encore la rage de ne pas pouvoir acheter plus.

Pour la version vidéo (disco style) :


mardi 28 octobre 2008

la crise...des générations

Dans cette vidéo (première d'une série de quatre enregistrée le 26 octobre), je reviens sur un aspect démographique de la crise financière peu évoqué par nos médias (et pour cause) : L'âge de ses principales victimes.

Question : Pourquoi cette crise médiatisée comme une guerre contre "la récession" littéralement "ralentissement de l'activité économique" devrait-elle faire peur à ceux qui n'ont déjà pas grand chose (en majorité les jeunes), ceux qui expérimentent, dans le désintérêt des médias et le déni des politiques, une "récession personnelle" depuis déjà plusieurs années ?
Et si le traitement de cette "crise" par des médias largement contrôlés par la classe dominante du Baby-boom (55-70 ans) traduisait l'angoisse qui l'étreint : Celle de devoir passer la main à une autre génération, pour un autre monde ? Lorsque l'on sait que les trois quarts du patrimoine dans les pays développés appartiennent aux plus de 50 ans et près de 50 % aux plus de 60 ans, on comprend que "la crise" à de quoi faire frémir... ceux de l'ancien monde.


Pour beaucoup de jeunes, la crise c'est comme Johnny Hallyday : Ca ne leur fait pas grand chose. C'est une sorte d'incompréhensible nuisance sonore qui semble exciter leurs parents.

cf : Je fais référence dans l'interview à cet article de Olivier Dousset dans Le Monde.

samedi 25 octobre 2008

Toys are him !

Noël approche. Après la poupée vaudou du président voici en exclusivité, à mes risques et péril, le prototype d'un nouveau jouet à son effigie. Comme l'original... il va faire fureur !

(existe aussi en modèle "jogging", "branleur des bacs à sable" et "sauveur de l'économie".
Ray-Ban et Rolex vendues séparément. Ne convient pas aux enfants de sans-papiers.)

vendredi 24 octobre 2008

De plumeur à plumé


Boudiou, les temps vont mal ! Si De Particulier à Particulier (auto proclamé premier site immobilier français) m’envoie - à moi - sa newsletter d'octobre sans que je la demande, c’est bien la preuve que le secteur du bâtiment est salement amoché !

Soit ! Je suis toujours partant pour une bonne tranche de littérature immobilière, toujours curieux de découvrir ces publications à haute teneur idéologique plus ou moins bien camouflée où j’en apprend encore sur la mentalité des propriétaires qui prennent les "autres" (ceux qui ne sont pas propriétaires) pour, au mieux, des sous-créatures à dégorger du cash.

(Pour mémoire, un panneau de particulier en 2004)
Pour sa une, La lettre de Pap rentre dans le vif du sujet et dément catégoriquement les échos alarmistes agitant un secteur prétendument en difficulté ! Pfff, billevesées et ragots vous dis-je !

Chaud devant, Pap déploie ses arguments :


- Oui la hausse des prix ralentit mais bof pas trop…
(y a des mots encore tabous comme "baisse" ou "crise")
- Et puis c’est la faute aux banques. (remarque quand ça montait aussi…)


Avant de préciser pour l'immobilier neuf : « Sur la majorité des programmes, les promoteurs ne devraient pas baisser leurs prix » (Pour un complément d'information, lire l'explicite brève des Echos : Vers une plus forte baisse en 2009.)

(à venir, un panneau de particulier en 2009)

La deuxième partie de la newsletter enchaîne un descriptif des mesures gouvernementales et des bonus fiscaux visant à donner un coup de fouet à "la France des propriétaires" (espèce menacée). Quelques crédits d’impôts mais aussi des frais supplémentaires dits "écologiques". L'article annonce un petit lifting de la loi Robien qui sera suspendue dans les secteurs où elle a fonctionné, ce qui signifie donc qu'on la maintient dans les zones où elle est un piège à cons. Alors foncez ! Comme le dit la lettre : « Ce système, qui a permis de loger 230.000 familles dans de bonnes conditions, profitera toujours aux investisseurs sur les marchés les plus porteurs.» Utiliser un argument social à l’avantage des locataires pour vanter une mesure fiscale supposée bénéficier aux propriétaires alerte le lecteur avec deux doigts de cervelle sur le côté foireux du dispositif !

(pour tout investissement Robien, vous sera livré ce panneau "A louer", gratuit les 5 premières années)

A la pointe de l’actualité, la newsletter de Pap nous annonce au sujet des prêts à l’accession sociale qu’ils seront garantis par l'Etat. « Ce qui devrait rassurer les banques. Elles devraient prêter plus facilement. » : Justesse d’analyse quand tu nous tiens !

Le troisième article aborde les questions de fond, enfin non d’ailleurs, les affirmations de fond :
« Les Français ont toujours envie d'acheter un logement ! » La suite de l’article démontre que l’envie ne suffit pas. Crise, pessimisme, incompétence politique (c’est marqué je n’invente pas), incertitude conjoncturelle : En gros, il n’y a plus d’argent dans les poches des acheteurs potentiels. Malgré son titre racoleur l’article ne s’adresse pas aux acheteurs mais aux vendeurs. Il aurait pu s'intituler : « Les français ont toujours envie d’acheter un logement... alors bande de nases de proprios persuadés d’être assis sur un distributeur de caviar veuillez baisser le tarifs de vos bouses en papier mâché sinon notre business va couler ! »

(Schéma "Autocad" du prochain projet de building PAP)

Le quatrième article (dans le plus pur style quatrième dimension) titre fièrement : « C’est le bon moment pour emprunter ! » (Qui prétend encore qu'il n y a plus de grands humoristes provocateurs ?) Quelques raisonnements tirés par les cheveux tentent de nous expliquer comment, selon toute logique immobilière, il est actuellement possible de négocier ses taux à la baisse et d’emprunter les yeux fermés grâce à des banques super open-minded, en parfaite visibilité, confiantes en elles-mêmes et en leurs prospects. De grands auteurs sont cités, comme Monsieur Meilleurtaux.com (prix Nobel d’économie, section parasitisme) « dans un contexte difficile, les banques françaises font un effort pour aider les bons dossiers à se concrétiser et satisfaire les particuliers.» Comprenons que oui il est facile d’emprunter… quand on a déjà de l’argent. Pauvre, passe ton chemin, t'as assez foutu le brun avec tes subprimes de misère (que l’on t’a vendu en t’embrouillant avec le même genre de publication propagandiste) !

Place à la rubrique « zoom » avec un petit dossier sur « comment réussir son crédit relais ». Dommage qu’il n’était pas été publié deux ans plus tôt. Dommage non plus qu’il ne soit pas en version papier : Il aurait pu alimenter les braseros que les quelques dizaines de milliers de foyers qui, les yeux plus gros que le ventre n’ont pas « réussi leur crédit relais » et qui vont se retrouver sans maison, allumeront sous les ponts cet hiver ! Ouf, l’article nous rassure : C’est Christine Boutin (Madame Endette-toi pour acquérir ton logement social) qui est en charge de négocier avec les banques pour rallonger les délais des dits crédits. Là aussi foncez ! Rejoignez les 30.000 blaireaux qui ont acheté une maison sans avoir réussi à vendre celle qu'il possédait déjà et qui pour cela ont hypothéqué les deux !

Suit un dossier dithyrambique sur toutes les possibilités fiscales qu’offre cette formule (qui a le mérite de fournir deux fois plus de boulot à PAP : Si la vente tarde à se faire, c’est autant de semaines d’annonces à publier !)

Notons à ce stade un encadré en bleu qui prouve que chez PAP, ils ont tout de même une âme : « Dans tous les cas, retenez que plus un crédit relais s'éternise, plus il coûte cher. D'où l'importance de ne pas surévaluer son logement au départ et de connaître les différents prêts relais qui existent sur le marché. »

Suit un passage moins austère que toutes ces histoires vénales pour simili friqués. Dans la rubrique « tendance », il n’est plus question de "crédit" mais de « piscine naturelle » Qu’est-ce qu’un proprio qui n’a pas de piscine ? Un anti-social (tendance "gauchiste") qui ne regarde pas M6 ! Bref, un hérétique doublé d’un pauvre mec et sans sujet de conversation à la cantoche ! Le proprio bling-blingeur qui se respecte, même endetté, se doit de faire sa piscine… « écolo » bien sur, avec de l’eau 100% garantie ne pas provenir de la fonte des glaces.

(en exclu la ligne éditoriale d'M6 pour 2012 : )

La newsletter se conclut sur un bouleversant plaidoyer pour l’investissement dans la pierre sobrement intitulé :

« L’immobilier vous protège de la crise. » (en pleine crise de l’immobilier, fallait oser !)

Suit une succession de lieux communs du siècle dernier dispatchés autour des résultats d’un sondage sur la volonté d’accession à la propriété commandé par Natixis (la filiale en cours d’autodestruction de la Caisse d’épargne qui en mars dernier excluait une baisse prolongée des prix dans l’immobilier) :

- « Tous les calculs le prouvent : sur sept ou dix ans, période moyenne de détention d'un bien, le propriétaire est toujours gagnant par rapport au locataire » explique Christophe Crémer, PDG de... Meillaurtaux.com (abondamment cité dans cette lettre d’info, d’ailleurs abondamment présent dans les médias depuis le début des crises immobilières et financières qui le font doublement morfler)


ou plus fort :

« Selon l'indice Clameur […] sur le long terme, le propriétaire gagne du pouvoir d'achat. » Tiens, ce n’est pas ce que constate mon pote Kevin Quedelamarque (primo-accédant en 7e année de stage dans l'audiovisuel) qui s’est endetté jusqu’à ses 54 ans pour acheter un 2 pièces avec vue sur le (parking du Monoprix du) Parc de Sceaux il y a 24 mois. Dans ce laps de temps, il a vu ses charges prendre 15%, ses taxes foncières monter à 2000 euros alors que se multipliaient les pancartes « à vendre » autour de sa cellule, cette dernière étant maintenant estimée à -5% de son prix d’achat ! Pouvoir d'achat en plus je ne sais pas, mais Kévin a déjà le pouvoir de vendre moins cher !

Non, monsieur PAP sur le long terme seul le riche est encore riche. Que quelques besogneux à force d’une vie d’esclave, « choses dociles » de leur banque se privant de tout sauf de la joie d’être « propriétaire » (virtuellement bien sur) arrivent en bout de course à posséder ce qu’ils appellent "un patrimoine" et que j’appelle "un toit" (ce que leurs ancêtres homo-sapiens obtenaient en quelques heures de ballade en réglant d'éventuels litiges fonciers à coups de baffes) ne prouve qu’une chose : Que l’on vit dans un monde où la soif de l'or (même si les lingots sont en parpaing) et l'acte d'achat promulgué par le marché comme vecteur prioritaire de reconnaissance sociale trompent les sens de l’homme et altèrent sa raison !

mardi 21 octobre 2008

Sa seigneurie du média-training

Au gouvernement des incompétents, les avocats sont rois. Je m’incline : Cette femme est vraiment exceptionnelle. Après dix huit mois de camouflages, de contre-vérités, d’euphémismes et de prédictions systématiquement démenties par la réalité, le tout dans le strict cadre de son domaine d’expertise supposé Christine Lagarde est toujours en place. Crise économique ou pas, si vous gériez vos économies avec sa clairvoyance pas de doute : C'est vous qui seriez vraiment en difficulté avec votre banque. Mais que voulez-vous, elle communique bien, du moins elle en est convaincue (Il y a du Raffarrin chez cette dame, mais en plus anglophone).

Nouveau coup de communication de notre avocat américaine bombardée cheftaine de l’économie par un président fan de la série La Loi de Los Angeles, le jour de la mort de sœur Emmanuelle (ça passe mieux, directement en brève de fin de journal) : L’injection de dix milliards d’euros dans six banques françaises qui "vont bien" (puisque c’est Christine qui le dit) « sous condition qu’elles s’engagent à respecter un code de bonne conduite en matière de rémunération et de gouvernance récemment élaboré par… le Medef et l’Afep ». Où comment, selon un vague « code moral » érigé en catastrophe par la caste dominante à l’origine du désastre et avec un bon bagout d’avocat, prendre l’initiative médiatique d’un sauvetage à la cool, éviter ainsi aux banques qu’elles aient à avouer qu’elles sont en difficulté histoire de ne pas affoler encore plus les marchés.

Notons que depuis quelques mois sur les marchés est apparue une nouvelle équation appliquée aux cours des banques :

La banque X est dans le rouge de Y milliards : son action perd 20%.
L’état donne Y milliards à la banque X : son action prend 20%.

On peut, au grand bonheur des spéculateurs entraînés, renouveler l’équation d'un jour sur l'autre (voir le cours journalier de Dexia en septembre).

Selon Le Figaro, Christine Lagarde a donc « lancé une vaste opération de renforcement des fonds propres de l'ensemble des grands groupes bancaires français, qui sera réalisée avant la fin de l'année. En discussions jusqu'au dernier moment, le montant de cette opération atteint 10,5 milliards d'euros, répartis entre six grands réseaux. » Et Le Figaro de préciser : « L'enjeu de l'opération générale est d'éviter l'amalgame avec un renflouement répondant à un risque immédiat de faillite. » Tu m’étonnes.

Le terme technique (et faux) c'est "recapitalisation". Quant aux 10.5 milliards, on peut se demander, en vertu de ce que d'éminents psychiatres appellent désormais "le paradoxe de Lagarde", combien ce serait si cela allait mal ? > A mon humble avis, on ne tardera pas à le savoir.

Le Figaro accole une photo d’une Christine tout sourire et conclut l’explication de texte des savantes prévisions de notre oracle de la croissance : « La crise risque de durer ». Une seule question (à la vue de la photo) : S'agit-il d'une crise de rire ?

Du gros foutraque mais bien habillé et avec ce qu’il faut de morgue : Quelle classe cette gouvernance à La Française !

Tnt pour tous, tous pour lui

Dans l'audiovisuel aussi notre glorieux président veut laisser son empreinte !
Le
"plan numérique 2012" qui a été annoncé hier matin par Eric Besson (notre président ayant la finance mondiale à sauver)
vise à rendre les nouvelles techniques de communication et de l'information accessibles à tous les Français d'ici 2012. Il contient pas moins de 154 mesures.

Au-delà de l'internet pour tous (si possible bridé), il prévoit que tous les français soient équipés de la TNT HD d'ici 2012 (tiens, cette date me rappelle quelque chose)
via des aides et la mise en place d'équipement. Oui, vous avez bien lu : Vous derniers irréductibles, objecteurs de conscience cathodiques et/ou exilés en Creuse profonde, affamés, licenciés, bafoués et sans le sou, l'état dans sa grande générosité va vous payer des décodeurs TNT HD pour que vous ne perdiez pas une miette de haute technologie (mais à basse définition mentale) des programmes diversifiés que son audiovisuel privatif vous prépare.

Vous aurez ainsi le choix entre La première compagnie qui, faisant courageusement face à la concurrence, se recentrera sur ses fondamentaux : Le modelage de cerveaux entre deux écrans de publicité....

Rance 2 et son ton résolument décalé frisant (parfois à moins de 850 kilomètres) l'impertinence d'un Michel Leeb sous Lexomyl :


Jeunesse d'esprit toujours avec la troisième chaine. Privée de publicité, elle abordera des thématiques de fond au travers d'émissions tout aussi novatrices que fédératrices :


Vous retrouverez aussi Banal +, la chaîne révolutionnaire de l'élite créative où l'on trouvait jadis ce qu'il y avait "nulle part ailleurs", et sa nouvelle politique de programmation toujours plus ambitieuse : Devenir la chaîne des beaufs copiant tout ce qui se fait partout.

Bonne conscience 5, la chaîne du savoir, qui intéresse plus particulièrement notre ministre de l'éducation, aura pour objectif d'inculquer aux plus jeunes (tout en rassurant les plus vieux) les coutumes et bonnes mœurs d'une république unie pour la majorité présidentielle au travers de ses reportages et magazines.
Bonne nouvelle : L'économie, la finance et les légères mutations sociales qu'elles entrainent dans "leur course vers le progrès" seront toujours l'affaire de M6 au travers de ses enquêtes impartiales sur les banques et l'immobilier sponsorisées par des banques et des promoteurs immobiliers.
Contre-discours et décryptages médias ne sont pas en reste : Cap sur les chaines alternatives de la TNT. Sur Bolloré Tv (que les manants connaissent sous le nom de Direct 8), Jean-Marc Morandini, le monsieur loyal du Paf, saura pousser à bout des intervenants sulfureux qui font l'actualité. Prochains invités : Laurent Wauquiez, Michel Drucker, Frédéric Lefebvre, Marie Drucker, Steevy, Lea Drucker, Yves Jégo et Miss France.

Sapristi, culture et fête : Tout un programme ! (et oui un seul et même programme décliné en plusieurs chaînes). Alors, derniers récalcitrants, exigez de votre gouvernement un décodeur TNT HD et rejoignez, avant 2012, le reste de votre pays* !

* déjà 53% de convaincus.

lundi 20 octobre 2008

Midafternoon express (Perverse Road bonus track)

Que deviennent les personnages de "Perverse Road" ? Quel fut leur passé ? Qui classer en tête au Top Five des personnages les plus malheureux de Seb Musset ? En ces temps d'incertitude, voila les trois seules questions à se poser !

Aujourd'hui : Blaise Cendrier dans "Mid afternoon express" où "De la mauvaise influence des écoles de commerce de seconde catégorie dans la distribution de produits illicites."


Blaise Cendrier, le dealer solitaire, m’appelle vers 15h30 pour prendre un latté chez lui. D’abord gêné, d'autant qu'à cette heure là je suis occupé à faire semblant de créer, j’accepte son offre .Il réside à deux blocks de là et c’est un des rares parisiens avec lequel je ne suis pas fâché. Peut-être parce que je le connais peu et qu'il lui est impossible de soutenir une conversation plus de 2 minutes.

Je rencontrais Blaise Cendrier pour la première fois à la soirée de notre ami commun Fauche-man et manquais de mourir par overdose quelques heures après. Ce dernier point aurait du m’alerter. Depuis, les années s'enfilant, Blaise s’assagit à l’image de Fauche-man, devenu père permissif et mari docile sur la voie de la fiotisation intégrale qui se tape les couches, les courses et la vaisselle en déclarant "adorer ça". Blaise le boiteux occupe depuis peu un emploi à quart de temps de serveur tout en luttant pour rester addict à ses anciennes habitudes, végétant chez lui le reste du temps à fumer de la weed en se torturant mentalement pour déterminer comment s’y prendre pour oser demander à son patron de lui régler les six mois de salaire qu'il lui doit.

Arrivé dans son studio, 3 rue de La Skunk, malgré le vinyle craquelé du « prisoner » de Gil Scott-heron tournant à fond sur la vieille platine Pathé-Marconi et le stick de marocaine qu’il m’invite à rouler, je mets tout de suite les choses au clair : "Je ne reprendrai par d’herbe. Il me reste encore du stock de la semaine dernière et, nouveau père, je me sens responsable du budget familial." Sur ce j’ajoute que je ne sais pas rouler, qu’on le fait toujours pour moi, et que c’est le moyen le plus malin que j’ai trouvé pour que tout cela reste un plaisir et non une dépendance. Blaise s’exécute et me roule un échantillon de sa nouvelle cargaison qu’il me propose moins cher que la dernière fois.

- "N’insiste pas Blaise, j’ai plus de pognon. C’est la crise tu sais." Dis-je

- "Putain chier de pouvoir d’achat de merde…" me répond-il (Ne pas imaginer une longue complainte déchirante mais un plutôt laborieux marmonnement accablé.)

Suit un silence de douze minutes.



Hormis une sensibilité commune aux paroles de Gil Scott-Heron nous n’avons, Blaise et moi, d’autre ciment commun que celui de la drogue. Requinqué par la dernière bouffée, il se lève, en moins d’une minute, pour changer de disque. Il met un Ohio Players, la chanson Fire de l'album du même nom. Plus nerveux, Blaise passe en phase deux. Tout espoir n’est pas perdu. Il fouille au fond des nébuleux souvenirs lui restant des deux mois d’écoles de commerce qu’il s’est fait payé par des parents, alors encore confiants, au siècle passé.



- "Tiens je vais te montrer ce que ça ferait en quantité pour quarante euros".

Je m’en veux d’être venu sur la simple base d’une amitié désintéressée. Malgré mes apparences virtuelles de sombre enculé, je suis dans le monde réel d’une désarmante naïveté. Blaise Cendrier remplit méticuleusement un pochon d’herbe et, huit minutes après, me présente le paquet espérant que je le saisisse et que j’entre ainsi physiquement dans un processus d’acquisition au terme duquel il me serait embrassant de revenir en arrière. Je suis un expert, rodé à bouter d'un poing dans la gueule le moindre témoin de Jehovah ou télé-prospecteur en forfait téléphonique mobile qui sonne à ma porte.

Stoïque, je réitère :

- "Non, il m’en reste encore. Vend à qui tu peux. Et s’il ne t’en reste plus quand j’en voudrais, bah tant pis ce sera de ma faute." Dis-je serein en terminant son joint.

- "T’as vu, elle casse bien ?" Dit l'homme qui essaye de me prendre par les sentiments. "Ça risque de partir vite." Rajoute t-il

Stratégie de la pénurie, un grand classique. (conseil : à ne pas prendre à la légère sur Paris et sa région entre le 15 juillet et le 30 août)

- "Il m’en reste encore Blaise. Je fume pas au même rythme que toi. Sinon comment serais-je aussi productif sur mon blog ?"

Le sentant cotonneux, j’ai pitié pour lui. Je lui demande :

- "T’en a fumé combien aujourd’hui ?"

- "Trois avant que t’arrives. Avec celui là ça fait deux."

Nouveau silence. Il tente une dernière approche, proposant de me mettre de côté le pochon et que je le paye dans quelques jours. Là aussi, fin de non recevoir, je l’aiguille sur un ami lointain souvent dans le besoin mais malheureusement encore plus ruiné que lui.

L’automne de Blaise s’annonce mal.

Je n’ajoute pas le « mon gars si tu veux gagner plus, faut travailler plus » qui me pend aux lèvres. Venant de moi et devant lui, même dans nos états vaporeux, ça sonnerait creux.

Son portable sonne. La gueule enfariné, Blaise gribouille une adresse dictée par une voix speedée résonnant du lointain monde des "actifs". Une fois raccroché et alors que j’ai la main sur la porte de sortie, Blaise émerge un instant de son coma éveillé, goguenard.

- "C’est pour un poste de coursier en scooter. J’ai dit oui."

Il a ce long sourire angélique propre aux lendemains de cuite. Je lui fais un signe de la main et part réchauffé par sa bonne humeur aux herbes. Dans vingt minutes, il aura oublié mon nom, Les Ohio Players et le scooter, enfin j’espère.

Blaise rejoint la cohorte de ceux de ma génération qui, insoumis mais à la voix faible et se heurtant à une réalité méprisable, se détruisent peu à peu à l’abri des regards, dans l’alcool et la fumée. Je ne peux les blâmer, je les envie presque. Mais c’est plus fort que moi, il faut que j’écrive encore un peu.

Blaise Cendrier est un des personnages de Perverse Road de Seb Musset.

samedi 18 octobre 2008

Ils avaient tous une excuse (mais pas la même !)

Après "l’euphorie du sauvetage" et avant "la revanche de la récession" suivi de "la facture sonne toujours deux fois", nous avons eu le droit à un petit épisode de "l’honneur de la nation est en péril" bien monté en mayonnaise mais avec ses grumeaux de com' si gros qu'ils écœurent jusqu’aux plus patriotes d’entre nous.

Pauvres ministres, pauvres conseillers de ministres, pauvres publicistes de conseillers : Ils avaient tous une excuse mais pas la même !

La cacophonie des réactions gouvernementales (pourtant préméditées) après la prise d’otage émotionnelle autour d’un symbole chanté dont au lieu de s’interroger sur ce qu’il symbolise on ferait de mieux de se demander par qui il est aujourd'hui symbolisé, prouve encore une fois que ce gouvernement, en plus de dire n’importe quoi, fait n’importe quoi.

Si notre super président (persuadé que le football appartient à La France) "sauve la finance" de la même manière qu’il règle les soubresauts des supporters en stade, je prédis une apocalyptique année 2009 aux petits épargnants.
Je vous présente mes excuses, je suis moi-même tombé dans ce piège polémique : Une situation insoluble (à moins de supprimer le foot) qui ne peut que diviser et renforcer les réactions épidermiques, un contre-feu destiné à faire oublier les cataclysmes économiques qui vont s’abattre sur La France. Triste coup de communication prémédité mais rapidement démonté par une gestion calamiteuse et qui, vu le contexte social et économique, éclate en vol comme le faux-problème ultime. Même Platini n'est pas dupe !
Comment n'ai-je pas pu voir que cette chantilly fut montée dans le seul but de rassurer l'électorat sarkoziste (middle-class de droite et petits retraités angoissés par toute cette agitation financière à laquelle ils ne comprennent rien si ce n'est qu'ils se font plumer) quant aux aptitudes de leur poulain à défendre la nation face à l'adversité ?

Piège de débutant tendu par un pouvoir sans idée qui s'enlise dans de vieilles recettes d'"union nationale" pour focaliser les mécontentements sur le "méchant envahisseur", bouc-émissaire expiatoire, qu'il soit "capitaliste déraisonnable" ou "siffleur de trouble d'origine pas française".
Pour répondre à certains courriels m’accusant de glisser dans "le boboïsme du laisser-faire" et pour en finir avec cette polémique à deux balles : Je crois aux réalités quotidiennes d’un pays et non à son folklore (spécialement quand il est dans les mains des kadors du genre de ceux qui nous dirigent.). Ghettos, Sdf, travailleurs-pauvres, jeunes exploités et éternels précaires : Tant qu'il y aura des français mis en toute décontraction au ban de la nation, et dont ceux bien au chaud exigent qu'ils respectent l'hymne national, la chansonnette aura a mes yeux autant de valeur que La danse des canards.

A cette république de (re)faire qu'un jour tous ses ressortissants soient fiers de la chanter.

Je laisse Grand François conclure cette mise au point. C’était 5 jours avant le match France-Tunisie. Je l’interrogeai sur la faculté de notre état pourtant si attaché au souvenir de « sa révolution » fondatrice d’emprisonner, encore une fois, Jean-Marc Rouillan pour avoir prononcé cette phrase dans une interview (pour un magazine de droite) :

« En tant que communiste, je reste convaincu que la lutte armée à un moment du processus révolutionnaire est nécessaire. »

Grand François en est venu un faire un parallèle prémonitoire avec La Marseillaise qui, si elle a encore un sens, n'a pas à être chantée par des sportifs payés un siècle de smic par mois par un fabriquant (en chine) de chaussures à crampons.

Comme le dit Noam Chomsky (dans cet ouvrage si mes souvenirs sont bons), « résistant » ou « terroriste » sont 2 termes qui en disent plus sur ceux qui les prononcent que sur ceux qu’ils désignent.

vendredi 17 octobre 2008

Des fonds de pension aux fonds de vos poches

Hier soir, mon ami Fauche-man me racontait son passage en matinée au guichet de la succursale d’une grande banque française pour régler son histoire de découvert de 14 euros lui entraînant des frais de 40 euros.

La jeune garde des guichetières était sur son 31, conquérante et sur-motivée, visiblement briffée en interne au sein d’une formation express au lendemain du krach de la semaine dernière, celui d’après la semaine d’avant et d’avant la semaine d’après. Une rapide écoute matinale des stations périphériques montre que ça turbine dur actuellement au niveau publicitaire autour des banques françaises.


Après une fin (toujours souriante) de non recevoir, mon ami Fauche-man, lecteur assidu de ce blog et bien remonté contre le système, entraîne alors la blonde robotisée en charge de son contentieux sur le terrain des garanties que lui offre l’établissement bancaire, fleuron de l’économie française, face aux remous financiers dont notre ministre en charge de la question lui avait assuré que notre pays serait épargné.

LA BLONDE NATIONALE DE PLACEMENTS (sourire n°7 : "la confiance")
- Oh, non c’est pour les autres banques. Nous il ne peut rien nous arriver, on a quasiment rien sur les marchés !

Le slogan, qu’elle avait du répéter une trentaine de fois dans la journée, fut suivi d’un autre :

LA BLONDE NATIONALE DE PLACEMENTS (sourire n°12 : "Va chier mais avec des fleurs".)
- Encore désolé pour vos frais mais on ne peut rien faire. C’est dans la convention que vous avez signé.

Effectivement, c’est à la page 16 en police Liliput –24 : « Si t’es pauvre, tu payeras 4 fois plus. »

Alors que faire ? Mon ami Fauche-man n'allait pas lui envoyer une baffe, c'est un gentleman. L'organisme bancaire qui emploi la blonde l'a d'ailleurs bien compris d'où la recrudescence à ses guichets de belles plantes (enfin plus ou moins belles, il y a quand même pas mal de Kubota) aux sourires lisses et aux regards totalement imperméables à vos discours ou à votre situation personnelle.

Mon ami Fauche-man est parti de sa banque avec 40 euros en moins pas encore gagnés (qui seront prélevés sur son pôle bancaire dès encaissement de son virement chômage par le pôle emploi). Il était revigoré par le discours optimiste de la petite blonde aux accents de télé-évangéliste, avec son minois vaguement érotique sur tailleur noir lui rappelant à la fois Pamela Anderson, Julie Lescaut et Roby le Robot.

Le soir, il me retrouvait autour d’un Mojito sur mon balcon avec vue sur le crépuscule de l’occident. Nous étions tous deux calés sur nos cartons de couches premier-âge tombés du camion (c'est plus cher qu'un écran plat ces choses-là !) :

MON AMI FAUCHE-MAN
Ils ont une banane à ma banque depuis la crise !

A 6 euros le mois pour frais de tenue d’un compte qui n’a jamais excédé les 20 euros en positif, effectivement ils peuvent ! Mieux que la PME endettée ou l’emprunteur immobilier d’un bien qui perd de la valeur, mon ami Fauche-man est le nouveau client rêvé dont les banques vont raffoler dans les mois à venir.

D’un côté, grâce à "la crise" qui paraît-il ne les touche pas (heu sauf là...), les banques françaises disposent d'une garantie d'état de 360 milliards en cas de "difficulté de trésorerie", de l’autre, à cause de "la crise", nos comptes qui sont promis à être de plus en plus souvent dans le rouge vont générer de plus en plus de frais et d’agios (aux taux proches de l’usure), bien plus rentables et moins réglementés que les crédits (trop encadrés et désormais trop risqués).

En résumé : D’un côté le casse du siècle (avec amnistie incluse) et de l’autre, l’arnaque à la petite semaine à coup de frais obscurs par ci ou d’intérêts explosés sur petits découverts par là.


Ami Fauche-man, comment en es-tu arrivé là ? Comment chaque particulier est à ce point dépendant d’un compte en banque dont, théoriquement, il devrait pouvoir se passer, surtout si comme toi, ami Fauche-man, il n'a pas d’argent dessus ?

Regardons les choses en face, ami Fauche-man, ils se servent sur ton compte et gagneront bientôt plus d’argent avec que tu n'en tires toi même !

Autre remarque : Pourquoi un compte bancaire n’est-il pas une extension de la propriété privée au même titre que votre boite aux lettres ou un compte email ? Comme un propriétaire n’a pas le droit d’aller visiter chez ses locataires quand bon lui semble, un banquier ne devrait pas avoir le droit d’aller se servir chez ses clients. A la base, c’est d’ailleurs le banquier qui devrait rémunérer le client qui lui confie son argent. Hier, par exemple, j'ai donné un exorbitant pourboire de 6 centimes d'euros dans un restaurant chinois (essentiellement parce que les pièces jaunes déforment mes poches) et bien la serveuse m'a dit "Merci" !


La tendance actuelle (dans les médias) c'est de pleurer sur le sort des banques où règne un panel des escroqueries en tout genre : De la petite escroquerie bancaire bas de gamme précédemment citée à la grande manœuvre avec commission sur placement de produits foireux et autres (le copain escroqué par son conseiller clientèle blonde qui lui a vendu un placement sans risque qui a fait fondre toute son épargne en moins de 3 ans, est un classique que l'on retrouve dans tout entourage amical qui se respecte). Je vous invite a être beaucoup moins indulgent et faire part systématiquement de votre mécontentement auprès de votre Blonde Nationale des Placements à vous.

Mon conseil, ami Fauche-man, est donc simple : Ta banque doit se justifier de chaque action qu’elle fait sur ton compte. Si elle ne le fait pas, si elle n’est pas capable de se justifier, 1 / de ce qu’elle te facture, 2 / de ce qu’elle fait avec ton argent et bien, quitte la !

Ils avaient le pouvoir de dire oui.

Nous avons le pouvoir de leur dire non.


L'oeil du si con

Bertrand Delanoé veut installer "1000 caméras pour Paris", comprendre 1000 caméras de surveillance dans Paris.

On a trop vite fait de prendre cela pour une atteinte aux libertés. Les grands mots ! Non, notre homme politique, qui vise les plus hautes responsabilités, pense simplement aux perspectives salariales de ses compatriotes.

Oui, toute polémique au sujet du flicage des parisiens partirait d’un contre-sens : Une caméra de surveillance ne surveille rien : Elle filme.

La preuve ? Ce tag londonien de l'artiste Bansky, déjà posté ici, réalisé au nez à la barbe d’une caméra municipale de la ville la plus filmée du monde :

La caméra de surveillance ne prévient pas le crime. Au mieux, elle en témoigne.

Elle ne sauve personne.

Elle n’empécherait pas par exemple que Madame Bruno-Suzuki (Paris, 16e) se fasse égorger au tesson de Kanterbourg* alors qu’elle sortirait 8000 euros à sa tirette à biffetons sur le chemin de ses emplettes matinales au Passy Plaza.

Non, absolument pas.

A moins que…

Il y ait systématiquement une personne physique surveillant en temps réel ce que la caméra filme automatiquement.

C’est là que nous saisissons les visées sociales du plan Delanoé.

La capacité de concentration humaine sur un écran se limitant à peu prés à deux heures, il faudrait que 12 personnes se relayent par jour derrière chaque caméra pour une surveillance digne de ce nom. Ce chiffre à multiplier par 1000, 7 jour 7, 365 jours par an. Ce qui nous ferait un total de :

4.638.000 emplois crées (rien que sur Paris).

Et Big Béber de résoudre d'un coup les chômages Français, belges et Suisse.

Sans compter que ce grand progressiste nous ferait entrer de plein pied dans la société idéale à la George Orwell, teintée de Philip K.Dick, où chacun serait le flic d’un autre.

Non, on le voit (saisissez le jeu de mots ?) : la réalité est autre…

Les caméras de Monsieur Delanoé filmeront pour remplacer les rondes de policiers en diminution, les contribuables payeront et les victimes continueront de subir. Au mieux, on tirera aux fléchettes sur les captures d'images floues de leurs agresseurs dans les commissariats du quartier trois semaines plus tard.

On le voit donc l’effet d’annonce de Bertrand Delanoé ne profitera vraiment qu’à une seule personne dans l’histoire :

Le fabricant de caméra.

A suivre de près dans les prochaines semaines le nom de la personne ou de l’entreprise qui décrochera le juteux marché.

Lui sera en sécurité pour un moment et ne connaîtra pas la crise.

* Précision : "tesson de Kanterbourg" n'est pas le nom d'un hôtel particulier où sont organisés des Rallyes pour la jet-set.

mercredi 15 octobre 2008

Et j'entends siffler La Marseillaise... (Luc Besson enhanced)

Où comment, quand la propagande médiatique est à ce point unilatérale, sa larme mécanique et son scandale formaté, il convient de se défendre sur internet de la contamination des cerveaux.

Prenons deux "faits-divers" de la journée d'hier, plus liés qu'il n'y parait.

1 / Les sifflets de La Marseillaise au match France-Tunisie :

Je n'aime pas ce sport à dominante laborieuse sur lequel s'alignent les cerveaux les moins compliqués. Néanmoins, j’éprouve quelques plaisirs éphémères lorsque la prétentieuse et surpayée équipe de France de football se fait corriger. J’ai ainsi de bons souvenirs d’un France-Roumanie en 1993 au Parc des Princes, d’un match contre le Danemark en 2002 où j'avais réveillé mes voisins par mes cris de joie et, plus récemment, d’une coupe de l’Euro proprement fabuleuse avec l’apothéose d’une demande en mariage !

Donc, je n’ai pas regardé le match amical France-Tunisie d’hier (j'avais honnêtement mieux à faire) dont les médias prévoyaient qu'en introduction, La marseillaise serait sifflée. Quelle clairvoyance et que de jolis comptes-rendus de match. D'autres sifflets, ceux pour Sarkozy à Sandouville, ceux du 14 juillet ou encore ceux des apprentis à Bercy il y a deux semaines, eux, non seulement ne furent pas anticipés mais pas rapportés non plus par nos vaselineux médias aux ordres des stratèges en com' de l’Élysée.




Quelques heures après l'avortement de l'épopée Besson à Montfermeil (elle-même bien annoncée en amont), le plan média se déroulait comme d'autres avant lui : Haro sur la racaille siffleuse ! Comme en toute période de guerre, et ne vous trompez pas nous sommes en guerre, il faut se trouver des ennemis. Ainsi ce matin sur RMC et d'autres talk-radios à auditeurs canalisés, on pouvait entendre un florilège "casté" de réactions effarouchées :

« Pour un match de foot c’est pas tolérable !»
« J’ai honte ! »
« On peut pas tolérer ça ! »
« Est-ce que vous croyez qu’un match de foot c’est fait pour ça ? »

…et autres automatismes suscités par conditionnement idéologico-médiatique qu'en grattant un peu, les auditeurs ou lecteurs outrés sont incapables d’argumenter autrement que par des lieux communs entendus dans un Droit de Savoir spécial "vermine du 93". Bien sur les animateurs ne grattent jamais à contre-sens. Les siffleurs, si on prenait la peine de les interroger, pourraient détailler les racines de leur mécontentement. Et leurs conclusions seraient peut-être désagréables à entendre.

La question que les animateurs jadis nommés "journalistes" devrait poser au lendemain de ces sifflets prévisibles (et prévus par eux-mêmes) reste encore et toujours :

La présence d'hymnes nationaux dans des compétitions sportives débordant de joueurs surpayés, de publicités et de sponsors n'est-elle pas une injure faite à tous les hymnes nationaux, aux combats et aux combattants qu'ils sont censés symboliser ?

Sûr que des têtes vont tombées, que des lois liberticides seront votées. Quelque chose me dit qu'elles étaient déjà dans les cartons et que l'on attendait plus que l'escarmouche (quitte à la monter en épingle avant même qu'elle n'est lieu) qui mettrait le feu au vote et que tout ce barnum n'est qu'une vaste embrouille de type contre-feu visant à occuper le bas-peuple (et à le diviser par la même occasion).

Inutile de préciser que, pour votre rédacteur, il y a tous les jours des scandales nationaux bien plus intolérables.

Que l'on ne me taxe pas d'anti-patriotisme. J'en appelle bien sûr, et ce blog en apporte la preuve quotidienne, au respect de La Marseillaise :

En effet : Aux armes citoyens, controns-nous de la tyrannie !
2 / Super Luc Besson et John Travolta à Montfermeil (mais en fait non) :

Tout d'abord, une petite définition tirée du Who's fucking Who :

Luc Besson : Agriculteur cinématographique en navets industriels dont les médias ne soulignent jamais que les tournages finissent souvent dans la colonne faits-divers avec des morts, des blessés graves ou des procès aux Prud'homme.


Bizarrement (ou pas) le matin même du match France-Tunisie, nous avons eu le droit à une grosse com' radiophonique sur l’incendie de dix voitures à Montfermeil. Pourquoi celles-ci plus que d'autres ? C'est que Montfermeil (mairie UMP) est le territoire à haute subvention régionale que le gros Besson (notre pays a les Orson Welles qu'il mérite) accompagné de John Travolta (dont les médias nous ont soudain épargné leur sempiternelle stigmatisation de son appartenance à l’église de Scientologie) avait décidé de coloniser le temps d’une semaine pour se faire un peu de promo sur le dos des cités en même temps qu’il redorerait son blason : Après tout, c’est en partie en cause de son film de bouse à 5 millions d'euros que l’on a pas décroché les JO de 2012 ! (Je ne peux, à ce sujet, que le remercier.) Je n’entre pas dans la polémique de savoir comment sur un tournage coproduit par Travolta lui-même, on arrive à brûler 10 voitures sans (au minimum) qu’il y ait une complicité en interne ou que les gars de la sécurité soient vraiment mal payés (ce qui, connaissant les hautes conditions sociales qui règnent sur les tournages du Gros Besson n’est pas impossible) mais je m’interroge… Sachant que ce tournage était annoncé et sur-annoncé, qu'est-ce qui rapportait le plus (en terme d'image que de thune) : Aller tourner à Montfermeil ou faire croire que l’on allait tourner à Montfermeil ?

Sachant que l'homme fonctionne beaucoup à l'échange de services (tournage d'Angel-A dans un Paris vide appuyé par un Delanoé en échange du soutien du cinéaste à la candidature parisienne aux JO), il faudra donc suivre, dans les semaines à venir, la carrière de Besson et de ses productions ainsi que l'actualité policière et législative concernant les cités pour avoir la réponse à ma question.

Que voulez-vous, je reste traumatisé par cette vision d'horreur au rayon "films français" d'un vidéoclub de Toronto où je n’ai trouvé que : Taxi 3, Le cinquième élément et Wasabi, trois sombres bouzaces intergalactiques de prêt-à-lobotomiser (dangereuse dans le cas de Taxi dont on pourrait faire une thèse sur la nuisance sociale que véhicule cette diarrhée filmée) initiées par le money maker néo-libéral (quasi hégémonique en France) qui est au septième-art ce que Bill Gates est à l'informatique et qui désormais veut passer pour un bon samaritain.

Enfin...comme le disaient les capitalistes intégristes il y a encore un an, c'est le marché qui fait la loi :

Variation de l'action Europa Corp sur un an :
-63.52%

mardi 14 octobre 2008

Insert coins... Le monde est sauvé !

L'autre soir au Stringfellows, l'arrière petit-fils de Karl Marx me disait avec justesse : "Les capitalistes c'est comme les cons, c'est souvent lorsque l'on croit qu'ils ont atteint leurs limites que l'on se rend compte estomaqué qu'ils les entamaient à peine."

Puis, il s'est effondré la tête dans les seins d'une danseuse au slip ficelle débordant de billets, foudroyé par une overdose de Téquila mandarine.

Après le paquet fiscal, voici donc le cadeau de noël anticipé aux banques.


Dieu du Dollar, c'était la panique ! Qu'ils me manquaient les
plateaux télés d’économistes pépères ! Avec un Cac à +11 les revoilà chez Calvi et consorts, détendus de la cravate, qui nous expliquent que le monde est sauvé, qu'on a eu chaud mais qu'on (comprendre "eux") se sent mieux. Merci l'état providence ! (rappelez-vous, celui qui gangrénait La France il y a encore 6 semaines.)

Partagez la liesse des puissants !
A la différence de celui des pauvres, c'est un monde solidaire dans l'adversité. Pauvres de la classe moyenne, vous redoutiez la fin du capitalisme, vous venez d'assister au Grand Soir des Puissants et vous allez payer le banquet !

Gordon Brown passe pour un bon samaritain en niquant 60 millions d'anglais,
Sarko roule sa galoche à Merkel et son pays dans la farine. Pas de doute, l'union européenne fait la force.

Et les médias de titrer, soulagés : "On souffle enfin !" Tu m'étonnes, j'en dormais plus !

Ça y est ! Entre deux pubs pour Cafpi, le courtier qui sait vous calculer et autres BNP, Banques Nationales des Pertes, je retrouve en studio Messieurs Cohen, Fiorentino, Touati, Monteux (celui-là il donnait déjà des conseils aux boursicoteurs sur Canal+ après Transformers, le midi quand je revenais du collège) et même Pépé Gaillard (avec sa bouille du terroir qui sent l'abus de Gamay) qui me conseillent "d'acheter". Ils se sentent mieux. En avant les dividendes ! C'est limpide comme un dessin de Faizant dans Jours de France ! Si tout se passe bien, on emmènera Simone comme prévu à Maurice (sur l'île, pas chez votre oncle de Sandouville) pour Noël. On regardera la domesticité locale nous cirer les tongues pour un salaire annuel équivalent à notre budget Viagra pour la soirée.

En attendant que nos experts finance claquent de trop bouffer, le reste de la planète crève de faim. Parait que les affamés du bas-monde ont besoin de 30 milliards par an pour que cela change et notre Internationale des Puissants est fière d'en jeter quelques milliers par la fenêtre pour que rien ne bouge. Comprenez : C’est vraiment trop injuste que les valeurs boursières soient massacrées comme cela. L’urgence c’est le marché*.

Marcheurs, suivez au pas !


Ou pas.

L'autre monde est partout autour de vous. Une indication : Il n'est pas dans le crédit. Autre indication : Il n'est pas chez eux, il est en vous.


* Dans la journée de lundi, l'action Morgan Stanley (banque "en difficulté" il y a 48 heures) fait "un bon" de 87%.


"Si une guerre de classe se déroule en Amérique, ma classe la gagne clairement." Warren Buffett

lundi 13 octobre 2008

Tout ne va pas si mal

Le livre est sorti, il va vivre sa vie.

Perverse Road est disponible en exclusivité ici et plus généralement dans quelques jours sur Amazon et autres libraires en ligne. Selon les impératifs de production et de distribution, je n’ai pas pu descendre le prix en dessous de la barre des 13.75 euros. Sur Lulu.com est également disponible la version téléchargeable à 5 euros. Pour ceux qui veulent des exemplaires avec une petite dédicace qu'ils me contactent par courriel.

Quatre mois de prise de tête et j’ai, comme à chaque fois, le sentiment de ne plus rien avoir à dire, qu’il me faut enfin concéder que je ne suis fait que pour le macramé, la glande et la consommation de substances psychotropes.

Oui mes amis : Tout Seb Musset est dans le bouquin. Il n'en reste plus rien (au moins pour la semaine).

Fallait vite se dépêcher de le publier tant le livre anticipe des actualités internationale et personnelle qui s’emballent :

(technique marketing n1 - Que ce soit pour vendre un 4X4 bien polluant, un plan d'épargne logement garantit sans risque ou le dernier livre de Seb Musset, mettre une photo de bébé : Ça stimule l'affect du prospect !)

Que raconte Perverse Road ? Je vous laisse le soin de me l'écrire. Ayant envie de m'exprimer sur tout sauf sur ce livre – ce qui est embêtant pour la promo -, je vous incite à m’envoyer vos critiques et vos résumés. (Technique marketing n°2 : En appeler à "l'interactivité des supports" qui provoque un sens unique des recettes.) Bonnes ou mauvaises : Je publie.

Parce que c'est jour de fête, lâchons en vrac quelques pistes :
Monarque - Bière brune - Désillusions - Dustin Hoffman - Jeune génération - Letoi-Malin - Open space parisiens - Rêve anglais - Bougies à la cannelle - Démontage du salariat - Connasses du tertiaire et hommes sans couilles - Pépitos - Tyrannie de l’écologie - Désarroi rural - Grande Distribution - vétété et Kat-Kat - Conflit larvé des générations - Le petit bonhomme en mousse - décapitation - Amour, amitié, espoir : Rayez les mentions inutiles.

Ce qui ont aimé Avatar ne seront pas déçus, les autres peuvent commencer par celui-là. Perverse Road n'est pas une suite directe d'Avatar mais commence là où ce dernier s'arrête et complète plusieurs thématiques précédement abordées.

Pour le reste, tout ne va pas si mal. Ce week-end j'ai même vu une abeille. Elle buzzait, pas trop réveillée, contre 2 pauvres bleuets cadavériques sur cette fine bande de verdure séparant, dans une odeur d’urine sur tapis de cannettes de binouses vides, les barges du Quai de Tolbiac de l’entrée grillagée de l’autoroute de l’Est.
Avec un passage en continu de 200 véhicules par minute, c'était le dernier endroit sur terre où j'imaginais rencontrer une espèce en voie d'extinction.

Quelque chose me dit que, n'en déplaise à l'humain, la nature est plus forte que lui.