jeudi 27 juillet 2006

FIEVRE TROPICALE A LONDRES

L’orage éclate alors que je suis à mi-chemin sur mon canal au détritus. J’accélère le pas de peur d’attirer les foudres avec mon grille-pain en aluminium sur le dos acheter quinze minutes avant au Wolford d’Edgware Road. J’ai liquéfié celui de Djamila pour cause de trop forte proximité avec la plaque électrique. La topographie exiguë de notre cuisine ne nous autorise pas l’usage simultané de deux appareils électroménagers. Je cours, vite essoufflé, plus que jamais éreinté par la cité l’été, nouvellement gâté par mes nouvelles addictions au goudron. Je m’évapore le temps d’un shawarma poulet. La nuit est courte. Il fait bien trop chaud dans la cellule de plomb. Vers trois heures du matin, j’entends la toux significative du voisin pakistanais. Il ne lui reste que quelques mois, c’est assuré. En Angleterre, on vit dans la crasse et l’on meurt dans la misère. Je m’endors en caleçon contre le chat sur les poufs du salon. Un moustique me guette aux frontières de l’abandon. Je n’ai plus le courage de rien, je me laisse voler un peu de sang. Si je reste plus longtemps, c’est mon âme qui s’enfuira, déjà que le vocabulaire s’en va.

samedi 22 juillet 2006

CLICHES DE LONDRES

Bloqué à l’un de ces feux éternellement rouges, j’épie deux gamins bien anglais, joufflus à la coupe rose, les bourrelets moulant leurs maillots de foot England. Ils sont prisonniers derrière la vitrine du cost cutter et font coucou en riant aux silhouettes qui passent. C’est vain. Personne ne les voit. Les gens filent têtes baissées. En deux minutes et malgré les efforts des enfants, pas un de ces adultes si importants ne les voit. Tant pis, les gamins s’amusent bien.
Londres, la riche, se vide en juillet. On a tout prévu pour mater les pauvres qui restent enfermés dans leur misère. Les affiches de la ville le placardent haut et fort : la chaîne de cinéma Film Four est maintenant gratuite. Les veaux pourront désormais regarder passer les trains des riches depuis leur salon, et ce, gratuitement. Meuh, c’est merveilleux.
Ici ou là-bas, les gens sont définitivement les mêmes. Stupides, prétentieux, gonflés d’orgueil, méchants et peureux, intéressés, facile à convaincre du moment que la décision leur évite d’avoir à penser, au final : résolument égoïste. Je n’ai rien de plus ou de moins. Je ne suis rien d’autre qu’eux. L’important n’est pas d’être ou d’être un peu moins stupide mais de le savoir et de s’en tenir là.

mercredi 5 juillet 2006

LE XXIe SICLE

Démocratie = Égalité pour tous.
Capitalisme = Les richesses pour quelques-uns.

La définition de l’un étant le strict opposé de l’autre, comment espérer que ces deux-là fonctionnent pacifiquement ensembles ? Le XXIe siècle verra l’un d’eux s’écrouler.